30 juin 1764 : La bête du Gévaudan
La Bête a sévi dans le diocèse du Gévaudan, qui de nos jours, correspond au département de la Lozère, et des parties du Cantal et de la Haute-Loire. Tout commence le 30 juin en juin 1764 où une jeune femme des environs de Langogne gardant son troupeau de bœufs, proche du bourg, est attaquée par "une bête féroce". Les bœufs ayant chargé la bête, celle -ci s'enfuit sans terminer sa besogne alors que les chiens s'étaient enfuis rapidement. La femme rentra chez elle, très émue et le corsage en lambeaux. Le loup étant encore présent en Gévaudan, cette attaque fut rapidement attribuée à ce dernier, laissant de côté les aspects terrifiants du témoignage. Quelques semaines plus tard, plusieurs attaques eurent lieu, d'abord près de Saint-Etienne-de-Lugdarès en Vivarais (Jeanne Boulet, fillette de 14 ans dévorée, sera reconnue la première victime de la bête malgré d'autres cas similaires), puis au Masméjean de La Bastide (fille de 15 ans, le 8 août), au Cheylard l'évêque (un garçon de 15 ans, le 1er septembre), aux choisinets (un petit vacher, le 16 septembre), aux Thorts de Rocles (fillette de 12 ans, le 29 septembre). Puis les attaques s’accélèrent : près d’une quinzaine de personnes sont tuées jusqu’à la fin de l’année. Au total, entre 88 et 124 victimes furent tuées et près de 75 seulement agressées sur 3 ans. Les chiffres varient suivant les interprétations des diverses recherches effectuées. A chaque fois, les victimes sont retrouvées complètement défigurées, les corps déchirés, les vêtements en lambeaux parfois retrouvés en plusieurs endroits. Les survivants parlent d’une bête énorme, un loup géant et sanguinaire. C'est alors que commenceront un certain nombre de battues, ordonnées d'abord par les autorités locales... puis soutenues par la suite par le roi Louis XV lui-même... afin d'éviter de perdre le contrôle de la situation et de créer un état de crise supplémentaire au sein de la population. Ces battues ont pour but de retrouver un loup aux proportions surdimensionnées, coupable idéal de ces attaques atroces. Malheureusement, ces battues décimeront peu à peu la population des loups mais les attaques de la Bête se poursuivent jusqu’en juin 1767.
La bête est morte ?
En juin 1767, un grand loup est tué lors d’une chasse et les attaques cessent définitivement. Les rumeurs ne s’arrêtent pas pour autant : certains habitants affirment qu’ils ont vu la bête en compagnie d’un homme et qu’il pourrait s’agir d’un animal dressé. Selon certaines hypothèses, la bête servirait à masquer soit des crimes commis par une bande de tueurs, soit un complot destiné à affaiblir l’autorité du roi… De nos jours encore, le mystère demeure, alimentant de vives discussions entre passionnés qui défendent chacun leur thèse. Ce qui est certain, c'est qu'un ensemble d'évènements meurtriers, ayant des liens de similitudes, ont eu lieu durant ces 3 ans