Géographie

Le Malzieu-Ville se situe au nord du département de la Lozère, dans l'ancien pays du Gévaudan. Plus précisément, c'est dans la région naturelle de la Margeride que l'on retrouve la vallée où se blottit la cité. L'altitude moyenne de la commune est de 835 m.
La commune se situe entre le Galastre et la Truyère. Le Galastre est d'ailleurs un affluent de cette dernière.

Plusieurs hypothèses sur l'étymologie du Malzieu ont été émises au fil du temps, mais aucune n'est affirmée :
-La plus simple est que le Malzieu serait la contraction de " mal aux yeux ". Ce mal aurait été guéri par une source qui aurait existé entre le Malzieu et Saint-Léger.
-Une autre origine pourrait résulter de la substitution d'un Z à un R, Malzieu deviendrait alors Malrieu, par allusion le Galastre, mauvais ruisseau que ses foucades sortent assez souvent de son lit.
-La géographie aussi ne manque pas à l'appel à l'appui d'une autre hypothèse. En patois ancien, le Malzieu se dit " Malgaziou " et que gaziou peut se traduire par marécage ou par gué (Endroits où l'on marche dans l'eau). Il est certain que la Truyère a souvent divagué dans la plaine située au Sud du bourg la transformant en marécage et aussi qu'il y avait bien un gué sur le site du Malzieu, juste en amont du pont de Saint-Chély.
-La dernière hypothèse s'appuie sur la dénomination de deux villages voisins, Prunières et Le Nozier, évoquant pruniers et noyers. Le Malzieu à travers le latin malus, évoquerait les poiriers qui aiment les sols humides et sont encore nombreux dans plusieurs vallées du Massif Central. Si on transforme la fin du nom de "zieu" en "rieu" on se trouve dans la vallée des pommiers.
Reste le " Ville " qui est un ajout pour éviter les homonymies notamment avec sa commune voisine du Malzieu-Forain.

Histoire

À l'époque gauloise, le Gévaudan est habité par les Gabales. Ce peuple, client des Arvernes, s'est battu à leur côté durant la Guerre des Gaules. Après la conquête, les Romains ont conservé la même capitale pour les Gabales, Anderitum, devenue Javols. Le village de Javols est situé à environ une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau du Malzieu.
Au Ve siècle, le fonctionnaire de l'empire Sidoine Apollinaire, qui n'est pas encore devenu évêque de Clairmont, réalise un voyage entre l’Auvergne et Narbonne. Il raconte dans un recueil de poème ce voyage qui traverse, notamment, le pays gabale. Il évoque comme première description, la présence d'une « ville altière dans un puits (un trou) ». Les historiens peinent cependant à interpréter ces vers pour savoir de quelle vallée il veut parler, la majorité penchant pour la ville de Mende. Il existait cependant un oppidum romain sur le site du Malzieu.

Moyen Âge

Du haut Moyen Âge, il reste des traces, au moins dans les coutumes locales, d'une bataille qui aurait eu lieu contre les Sarrazins au VIIIe siècle. En effet, le « pré des Sarrazins », situé sous le village de Verdezun, attesterait de ce combat.
Vers le XIe siècle, des moines de Saint-Gilles s'installent dans la région du Malzieu. Ainsi, ils battissent une église consacrée à saint Hippolyte au Malzieu, et une dédiée à saint Laurent à Verdezun. Durant cette période, en 1055, le Malzieu devient la propriété des barons de Mercœur, l'une des huit baronnies du Gévaudan. Les barons, qui ont un château à Saugues, construisent leur château principal à Verdezun.
À la fin du XIIe siècle, la ville du Malzieu se munit de remparts et de grandes tours. En 1307, l'évêque de Mende, Guillaume VI Durand, conclut avec le roi de France l'acte de paréage. Cet acte partage en trois le territoire du Gévaudan : la terre du Roi, la terre de l'évêque et la terre commune (administrée également par les barons). Les Mercœur ayant principalement leur possessions en Auvergne, leur baronnie est alors rattachée à la cour de Riom et au parlement de Paris, alors que le reste du Gévaudan est dépendant de la cour et du parlement de Toulouse.
Vers 1362 la ville est assiégée et pillée par les grandes compagnies.

Renaissance

Au XVIe siècle survient la Réforme protestante et les guerres de religions qui s'ensuivent. Lors du massacre de la Saint-Barthélémy, le baron Astorg de Peyre est assassiné dans la chambre du roi : sa veuve engage alors un jeune homme, Matthieu Merle, afin de venger la mort de son époux.
Le 17 novembre 1573, Merle et ses troupes se dirigent vers le Malzieu, et pénètrent dans la cité. Là, ils massacrent les treize prêtres de la ville, ainsi que le curé de Rimeize. Les troupes rançonnent les habitants fortunés, puis détruisent l'église. Merle devient ensuite maître de Grèzes, puis d'une grande partie du Gévaudan.
La riposte contre les troupes de Merle est menée par Anne de Batanay, duc de Joyeuse. Son armée a détruit, en 1586, la partie qui est de nos jours tournée vers le Pont de la Truyère.

Du XVIIe à la Révolution française

En 1632 après une épidémie de peste, Jean Conchet, chargé de désinfecter la ville mit feu à une maison celui-ci se communiqua aux maisons voisines : neuf rues furent anéantis. La reconstruction permis d'adosser les nouvelles maisons aux remparts.
Viens ensuite l'affaire de la Bête du Gévaudan (1764/1767), d'après les listes des victimes une seule appartiendrait au Malzieu mais elle n'est pas certifiée, du canton environ 25 personnes furent soit attaquées ou tuées sur 3 ans.
La Révolution de 1789 apporta au Malzieu les mêmes troubles qu'en Gévaudan. Les Ursulines durent quitter leur monastère.
Vers les années 1790/1793 à cause du décret du 15 février 1790, les villages et hameaux qui faisaient partie du Malzieu-Ville sont séparés de celui-ci et donnent naissance à deux nouvelles communes : Le Malzieu-Campagne qui donnera plus tard Le Malzieu-Forain et Verdezun. Le 2 novembre 1790 l'église vit ses biens nationalisés, la plupart des prêtres refusèrent le serment, fuirent ou se cachèrent.