Saint-Alban-sur-Limagnole est une commune française, située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Saint-Albanais. En occitan, le village se nomme Sent Auban, prononcer Sent Aoubo.

Géographie

Le village est au cœur d'un bassin d'effondrement de grès rouge et argiles bariolées, prolongé au nord vers le Malzieu. La Limagnole, affluent de la Truyère, le traverse. Le bourg s'est établi sur le versant sud au débouché des cols de la Margeride, autour du château féodal et de l'église dédiée à Saint-Alban, premier martyr d'Angleterre.

Histoire

Saint-Alban fut d'abord une forteresse féodale, construite en 1245 et que les Anglais occupèrent en 1364. Au Moyen-Âge, c'était une des douze seigneuries du Gévaudan. Au xvi eme siècle, les Calvisson construisirent près de la forteresse un vaste château en quadrilatère irrégulier, flanqué aux quatre angles de tours massives et inégales. Un fossé entourait l'enceinte, que franchissait un pont-levis

Le Château de Saint-Alban

Les origines du château, forteresse médiévale sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, se perdent dans la nuit des temps. Si on ne connaît pas ses origines exactes, on sait que trois familles de seigneurs s'y sont succédées. Les Apcher, les Louet de Calvisson, les Molette de Morangiès. Les Apcher ont été les premiers seigneurs du château de Saint-Alban. La seigneurie, puis baronnie de Saint Alban, avait appartenu aux Apchers de 1081 à 1375. En 1375 Guérin VII d'Apcher la donna à son troisième fils Raymond. Le château actuel aurait été construit à partir de 1245, à la place d'une forteresse médiévale.

Mais quand fut exactement construit le château? Au XI ème siècle semble-t-il, même si la première mention du château de Saint-Alban qui a été trouvée date de la fin du XII ème siècle. Le château actuel aurait été construit entre la fin du XII ème siècle et la première moitié du XIII ème siècle à la place de la forteresse médiévale.

A cette période les Barons du Gévaudan se soulevaient contre l'autorité épiscopale qui voulait imposer sa domination sur le Gévaudan. Et cela depuis que l'évêque Aldebert en 1161 avait reçu de la part du roi Louis VII un appui sous la forme d'un document "la bulle d'or" disant que le Gévaudan devait se soumettre à l'autorité de l'évêque. Le Baron d'Apcher, qui fit construire le château à Saint-Alban ne voulut pas se soumettre aussi facilement. En riposte, l'évêque s'empara du château à la tête d'une armée et le réduisit en cendres.

Mais le château retomba très vite entre les mains de la famille d'Apcher. Saint-Alban qui appartint à cette famille jusqu'en 1375, passa alors entre les mains d'un cadet, Raymond, dont la petite fille épousa un Louet de Calvisson. En 1440, Louis de Calvisson épousa Marguerite de Murat, fille de Blanche d'Apcher. A partir de là, les Louet de Calvisson devinrent les nouveaux Seigneurs de Saint-Alban. Dot de prestige car la seigneurie de Saint-Alban, qui était alors une des douze gentilhommières, donna droit d'accès aux Etats particuliers du Gévaudan.

D'ailleurs, en Avril 1581, les commis des Etats du Gévaudan se réunirent au Château de Saint-Alban pour statuer des conditions de reddition de la ville de Mende tenue par le huguenot Merle qui semait à l'époque la terreur dans la partie du Gévaudan catholique.

Ensuite, par mariage, le château fut transmis à la famille de Morangiès. En effet, Marie Louet de Calvisson, héritière de la famille de Calvisson, épousa François Molette de Morangiès. A partir du 16 septembre 1652, le château passa ainsi à cette famille qui le restaura dans un style Renaissance. Il est à noter que ce fut à partir du château que de nombreuses battues, pour tuer la bête du Gévaudan, furent organisées entre 1764 et 1767.
C'est en 1821 que le dernier des Morangiès Christophe Théodore de Morangiès, complètement ruiné, vendit le château, alors très délabré, à un religieux, Hilarion Tissot, frère de l'ordre de St Jean de Dieu. C'est à partir de là que l'histoire du château se confond avec l'histoire de l'hôpital de St-Alban. En 1824, le département achète le château de Saint-Alban, qui deviendra un asile d'aliénés, sous l'impulsion du religieux, Hilarion Tissot, frère de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu.

En 1941, le psychiatre catalan François Tosquelles arrive à Saint-Alban. Il marquera profondément la vie de l'hôpital qui prendra d'ailleurs son nom plus tard. Durant la Seconde Guerre mondiale, outre Tosquelles, plusieurs personnalités seront internées au château. En effet, l'hôpital est alors utilisé pour accueillir aussi bien les fous que les résistants et les clandestins. Parmi ces personnalités on retrouve le philosophe Georges Canguilhem, le poète Paul Éluard, Tristan Tzara... Après la guerre, le château continue son développement de centre psychiatrique sous l'impulsion de Tosquelles, devenu médecin directeur en 1952.